Fès : Une vieille rancune se termine dans le sang
Meurtre
Dans le quartier Benslimane, à Fès, la nouvelle s’est répandue comme une traînée de poudre. On parle d’un jeune homme apprécié, d’un sportif au parcours prometteur, fauché à l’âge où l’on construit encore ses rêves. On parle aussi de cette rancune ancienne, que ni la justice ni les années de prison n’ont su éteindre.
Vendredi 9 octobre, soir, dans un café du quartier Benslimane, relevant de l’arrondissement des Mérinides à Fès, la conversation allait bon train. Rien, dans l’ambiance de cette soirée ordinaire, ne présageait le drame qui allait s’y jouer. Parmi les clients se trouvait un jeune footballeur, connu dans tout le quartier. Il évoluait sous les couleurs de l’Olympique des Mérinides, en division d’excellence de la Ligue régionale, et passait le reste de son temps dans les salles de musculation, où il entretenait une silhouette de sportif accompli.
Ce soir-là, du neuvième jour du mois en cours, il n’était pas seul dans le café. À quelques tables de lui se trouvait un autre jeune homme, qu’il connaissait bien. Les deux étaient nés dans le même quartier et avaient grandi dans les mêmes ruelles. Mais entre eux, il y avait une histoire, et elle n’était pas belle.
Quelque temps auparavant, le footballeur avait été agressé par ce même jeune homme. Il avait porté plainte. L’affaire avait suivi son cours. Arrestation, jugement et condamnation. Le mis en cause avait purgé sa peine. Et, à sa sortie, le vieux différend n’avait pas disparu.
Dans le café, les regards se sont-ils croisés? Peut-être. Un mot de trop a-t-il été prononcé? Tout est possible. Les circonstances exactes de ce qui a déclenché l’altercation demeurent floues. Ce que l’on sait, en revanche, c’est que la dispute a éclaté, que le ton est monté, et que les mots ont vite cédé la place aux mains. Dans un instant que personne n’a vu venir, l’un des deux a sorti une arme blanche. Le coup a été porté au cou. Une plaie profonde, d’une gravité immédiate. Le footballeur s’est effondré sous les yeux des clients. Les secours n’ont rien pu faire. Car le jeune sportif a succombé à sa blessure. Son cadavre a été transporté à la morgue de l’hôpital Al Ghassani, tandis que le café, quelques minutes plus tôt lieu de détente, se transformait en scène de crime.
L’agresseur, lui, a pris la fuite. Mais sa cavale a été brève. Dès les premières heures, les enquêteurs de la police judiciaire se sont déployés sur le terrain. Recoupements, vérifications… leurs investigations ont permis de localiser le suspect et de l’arrêter peu après les faits.
Placé en garde à vue, l’homme a ensuite été déféré devant le parquet général près la Cour d’appel de Fès. Soupçonné de coups et blessures à l’arme blanche ayant entraîné la mort, il a été mis entre les mains du juge d’instruction.
En attendant l’achèvement de l’instruction, son comparution devant la chambre criminelle, l’examen de son affaire et son jugement, une famille pleure un fils, un club perd l’un des siens, et des jeunes du quartier se demandent comment une simple soirée au café a pu se terminer par la mort de leur ami.
The full article is being collected. Available text is shown for now.