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COLONEL RANDRIANIRINA - « L’indépendance reste à conquérir »

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À l’occasion de la célébration de l’anniversaire de la République, le colonel Michaël Randrianirina, chef de l’État, remet la souveraineté nationale au centre du débat politique. À Antsohihy, il a dénoncé une « autre forme de colonisation » qui, selon lui, freine le développement du pays.

Le colonel Randrianirina durant la revue des troupes avant le défilé militaire à l’occasion du 14 octobre, à Antsohihy, hier. Une renaissance de la nation. À entendre son discours à Antsohihy, telle est la dimension que le colonel Michaël Randrianirina, chef de l’État, veut donner à la Refondation. Une renaissance pour conquérir ce qu’il qualifie de « vraie indépendance », et impulser une vraie dynamique de développement.

Pour atteindre cet objectif, le locataire d’Iavoloha appelle à la cohésion nationale. Il demande à la population de dépasser les rivalités et les clivages, et de privilégier l’intérêt collectif. Selon lui, « aucun développement ne pourra se concrétiser dans l’exclusion et les rivalités destructrices ». D’emblée, il mise sur la célébration du 68e anniversaire de la déclaration de la création de la République pour fédérer la population à sa cause.

Les mots souveraineté et vraie indépendance ont été les points d’orgue de toutes ses prises de parole lors des événements qu’il a présidés à Antsohihy, hier et avant-hier. « Nous ne sommes pas encore indépendants. Il n’y aura pas de développement tant que nous resterons sous le joug de la colonisation », affirme l’officier supérieur.

Les différentes cérémonies pour célébrer l’anniversaire de la République ont servi de tribune au chef de l’État pour exposer sa conception de l’indépendance. Il ajoute toutefois que les événements d’

Antsohihy sont « pour réveiller la population et qu’elle prenne conscience que “nous ne sommes pas encore indépendants. (…) Nous sommes sous la coupe d’une nouvelle forme de colonisation” ». Sur sa lancée, il ajoute : « une renaissance de Madagascar est nécessaire pour conquérir une vraie indépendance ».

Héritage

Le colonel Randrianirina assure ainsi que c’est à quoi il s’applique, tout en indiquant qu’il y a ceux, « dont certains qui sont proches», qui chercheraient à lui mettre des bâtons dans les roues, sans plus de détails. Pour lui, la liberté politique ne suffit pas si le pays demeure soumis à des formes de dépendance susceptibles de limiter ses choix et ses capacités de développement. Au-delà des institutions nationales et de la reconnaissance de la souveraineté de l’État, celle-ci renvoie aussi à la capacité de définir ses priorités économiques, de conduire sa politique extérieure et de négocier ses partenariats sans contrainte excessive.

Dans son discours prononcé durant un meeting, mardi soir, il donne des exemples de faits qu’il estime être des exemples de cette absence d’indépendance. Un de ces faits concerne les relations internationales du pays. « Nous essayons d’avoir de bonnes relations et de travailler avec tous les pays. Pourtant, certains pays osent me demander pourquoi nous travaillons avec untel ou untel. Est-ce cela être indépendant ? », soutient-il sans pour autant préciser de quels pays il est question ici.

Le locataire d’Iavoloha déplore également le fait que Madagascar reste dépendant des aides internationales pour ses projets de développement. Sur sa lancée, il pointe également du doigt « les écoles d’expression française qui interdisent à leurs élèves de s’exprimer en malgache alors qu’elles sont à Madagascar ».

Sujet incontournable, l’officier supérieur a également mis l’accent sur l’héritage de feu Philibert Tsiranana, ancien président de la République. Premier chef d’État de Madagascar après son indépendance, en 1960, le natif d’Anahidrano, dans le district d’Antsohihy, a été à la tête du gouvernement installé à la suite de la déclaration de la création de la République de Madagascar, le 14 octobre 1958. Le colonel Randrianirina affirme sans ambages qu’avoir organisé la célébration du 14 octobre à Antsohihy est pour rendre hommage à celui qui est considéré comme « le père de l’indépendance ». Il ajoute qu’à partir de l’année prochaine, « si Dieu le veut, les célébrations se dérouleront sur l’ensemble du territoire ».

Le chef de l’État note et reconnaît, justement, qu’en toile de fond des événements, il y a aussi l’anniversaire de sa prise de pouvoir. « Le 14 octobre 2025 marque le jour où j’ai été désigné pour diriger le pays. Rien n’est fortuit », déclare-t-il. Bien que certains faits d’histoire qu’il a évoqués dans ses discours aient été approximatifs, le colonel Randrianirina indique vouloir reprendre le flambeau pour mener Madagascar vers « une vraie indépendance ».

Garry Fabrice Ranaivoson

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