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lexpress.mg · 10/14/2026 · 1 view

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Liberté provisoire

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14 Octobre 1958. Une date que l’histoire a failli effacer pour toujours. C’est la fête de la République, le jour où le général Jean Louis Marie Soucadeaux, Haut-commissaire et Gouverneur de Madagascar depuis octobre 1953, a annoncé la fin de la loi de l’annexion de 1896 de Madagascar par la France. Le sénateur Zafimahova a proclamé par la suite la naissance de la République alors que le président Philibert Tsiranana annonce que Madagascar est désormais un pays. Dans la foulée, le drapeau malgache a été choisi parmi d’autres de même que l’hymne national.

Le 14 octobre fait l’objet d’une fête nationale tout aussi important que la fête de l’indépendance durant la première République. Une kermesse, un défilé des forces vives ont marqué la fête d’un bout à l’autre du pays.

À partir de la transition du général Ramanantsoa et durant les régimes qui se sont succédé, le 14 octobre a été supprimé du calendrier. Du moins de la mémoire de la population et des préoccupations politiques. C’est pourtant une date historique qu’on le veuille ou non. Il aurait pu changer tout simplement le devenir du pays. En fait, on n’était pas prêt pour vivre en toute indépendance. On manquait de tout, de cadres, de médecins, d’enseignants, d’ingénieurs, d’industries… La République était en quelque sorte un cadeau empoisonné. On dépendait des coopérants français alors que les compagnies françaises tenaient les bourses de l‘économie.

On voulait être réellement indépendant et on a fait la révolution de mai 1972. Mais les choses n’allaient pas comme les “révolutionnaires” le voulaient. Tout a abouti à la révision de l’accord de coopération avec la France et le départ du contingent militaire français de la base de Diego- Suarez.

On n’était pas réellement indépendant ni officiellement dépendant. On flottait tout en perdant l’identité nationale. Au final, on n’a pas su mettre à profit les privilèges d’une République. Au final, il s’agit d’une liberté provisoire. À preuve, c’est la tutelle qui a changé. La France est toujours là, parmi les partenaires du pays mais ce sont les bailleurs de fonds qui nous tiennent en laisse.

De crise en crise, l’économie s’est dégradée, la pauvreté s’est enracinée. L’anarchie qui se nourrit de l’ignorance de la majorité de la population et de sa pauvreté. Cette dernière a agrandi son royaume avec son corollaire nocif et destructif, en l’occurrence, la corruption. Elle ne cesse de déployer son pouvoir néfaste et gangrène tous les secteurs de la vie.

Avec un coup d’œil sur l’épaule, une rapide introspection, on réalise de ce qu’on a fait de l’indépendance. À l’arrivée, il s’agit d’une liberté provisoire. Le jugement dernier sera sans appel.

Sylvain Ranajalahy

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Source: lexpress.mg ↗
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